De la vulnérabilité à la stabilité : cultivez l’équanimité au quotidien
Un protocole en 5 étapes pour transformer votre rapport aux émotions, pensées et relations grâce à des exercices concrets et progressifs
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L’équanimité n’est pas un luxe spirituel, mais une nécessité vitale pour traverser l’existence avec sérénité et discernement. C’est pourquoi j’ai choisi d’offrir cet article à tous, gratuitement, en espérant qu’il serve de tremplin vers une transformation intérieure durable. Si ces contenus vous sont précieux et que vous souhaitez soutenir ce travail de recherche, de rédaction et de transmission, vous pouvez choisir de devenir abonné payant : votre soutien permet à cette publication de continuer à exister et à s’approfondir.
📌 Série Équanimité 2/3 – De la vulnérabilité à la stabilité : exercices et repères pour cultiver l’équanimité au quotidien
C’est une chose de comprendre l’équanimité, d’en percevoir la cohérence intérieure et la beauté, d’en pressentir même la nécessité pour ne plus être balloté par les vents changeants de l’existence. C’en est une autre de commencer à la développer en soi, de façon très concrète, à travers des gestes et des attitudes précis, réguliers, parfois infimes, qui transforment peu à peu notre manière de nous tenir dans l’existence.
Ce deuxième article de la série Équanimité est résolument orienté vers l’action. Non pas une action frénétique de plus dans des agendas déjà saturés, mais un déplacement volontaire de l’attention et de l’énergie, dimension par dimension, afin de bâtir pas à pas ce « socle » d’équanimité dont nous avons posé les fondations théoriques la semaine dernière.
Avant de découvrir les aspects concrets, je vous invite à lire ou relire le 1er article consacré à la compréhension de cette notion centrale du mieux-être :
Maintenant voyons le contenu de cet article dédié à la pratique ! Plutôt que d’aligner une liste d’exercices déconnectés, je vous propose une démarche progressive en suivant un protocole en cinq étapes, chacune consacrée à une dimension spécifique de l’être, que vous pourrez déployer sur cinq semaines ou plus, selon votre rythme personnel :
Physique : posture, respiration, ancrage corporel
Émotionnelle : accueil des vagues intérieures sans se laisser submerger
Mentale : observation des pensées, dés-identification progressive
Spirituelle : sens, intention, pratiques contemplatives
Relationnelle : ajuster sa présence aux autres sans se perdre soi-même
L’objectif n’est pas de tout réussir parfaitement, mais d’engager un mouvement : donner à chaque dimension un temps d’attention privilégié, tout en laissant les précédentes se poursuivre en toile de fond.
Au sommaire :
Pourquoi un protocole par dimensions plutôt qu’une boîte à outils de plus ?
Étape 1 – Stabiliser le corps : l’équanimité commence par l’ancrage
1. Micro‑ancrages dans la journée
2. Posture du témoin
3. Rituel de reconnexion corporelle en fin de journée
Étape 2 – Apaiser l’émotionnel : accueillir les vagues sans se noyer
1. Nommer pour apprivoiser
2. Observer le cycle d’une émotion
3. Journal émotionnel
Étape 3 – Clarifier le mental : apprendre à ne plus croire toutes ses pensées
1. Écriture libre de déchargement
2. La formule « je remarque que je pense que… »
3. Une fenêtre d’hygiène mentale
Étape 4 – Ouvrir la dimension spirituelle : sens, intention, présence
1. Une question d’orientation le matin
2. Un temps de silence contemplatif
3. Un geste de gratitude ou d’offrande le soir
Étape 5 – Ajuster le relationnel : rester soi-même sans se durcir
1. La micro‑pause avant de répondre
2. Dire « je » plutôt que « tu »
3. Un temps d’écoute profonde
L’équanimité : un chemin de transformation progressive, non une technique ponctuelle
À retenir : un protocole en cinq étapes, modulable et vivant
La suite : un direct vidéo jeudi 26 février à 20h, pour approfondir ensemble
Bibliographie pour aller plus loin

Pourquoi un protocole par dimensions plutôt qu’une boîte à outils de plus ?
Dans le domaine du développement personnel, l’écueil est connu : on accumule conseils, pratiques, rituels, jusqu’à se retrouver saturé d’outils et paradoxalement plus dispersé qu’avant. L’équanimité demande exactement l’inverse : simplifier, hiérarchiser, progresser par paliers.
Un protocole par dimensions permet trois choses :
de ne pas tout travailler en même temps, ce qui est irréaliste quand on est déjà fatigué ou submergé ;
d’identifier où se trouve aujourd’hui votre principal point de vulnérabilité : corps constamment en tension, émotions débordantes, mental saturé, crise de sens, relationnel chaotique ;
d’installer des micro-habitudes dans un domaine, avant d’en ajouter un autre, de sorte que l’équanimité ne soit pas une injonction abstraite, mais une cohérence qui se déploie de l’intérieur.
Ce qui suit est donc une proposition structurée. Elle n’a rien d’obligatoire ni de définitif ; à chacun de l’ajuster à son rythme, à ses contraintes, à sa sensibilité spirituelle.
Étape 1 – Stabiliser le corps : l’équanimité commence par l’ancrage
Avant de pouvoir observer ses pensées ou accueillir ses émotions les plus intenses, il est souvent nécessaire de revenir à ce qu’il y a de plus simple et de plus oublié : le corps. Un corps perpétuellement contracté, agité, sur-sollicité, rend presque impossible l’accès à ce « pas de côté » qui caractérise l’équanimité.
La recherche contemporaine en neurosciences affectives montre que les états émotionnels chroniques laissent des empreintes somatiques durables : le stress devient tension dans la nuque, l’anxiété se niche dans le plexus solaire, la tristesse alourdit la poitrine. Sans reconnaissance de ces mémoires corporelles, tout travail purement mental ou spirituel reste en surface, comme une pensée flottante qui ne parvient jamais à s’enraciner dans le sol du vécu.
1. Micro‑ancrages dans la journée
Trois fois par jour, pendant une minute seulement, interrompez-vous :
asseyez-vous ou tenez-vous debout, pieds bien à plat,
sentez le contact du sol sous vos pieds, le poids de votre bassin sur la chaise,
laissez vos épaules redescendre naturellement,
prenez trois respirations un peu plus amples, en sentant le mouvement du ventre.
Il ne s’agit pas d’« obtenir » un état particulier, mais de revenir dans le corps, de cesser un instant de flotter dans la seule sphère mentale. Ces micro-pauses sont comme des piquets plantés dans la journée pour empêcher le vent de tout emporter.
Elles servent également de signal au système nerveux autonome : là où règne habituellement l’activation sympathique permanente (mode « combat ou fuite »), vous introduisez volontairement des fenêtres de relâchement, ces moments où le corps comprend qu’il peut déposer sa vigilance sans danger.
Avec le temps, ces trois minutes quotidiennes créent une mémoire corporelle de la stabilité, un réflexe de retour à soi que le corps finit par chercher spontanément.
2. Posture du témoin
Une fois par jour, choisissez un moment où vous êtes assis (transport, pause, attente) :
redressez légèrement la colonne, sans rigidité, comme si un fil tirait le sommet du crâne vers le haut,
relâchez la mâchoire, le front, la nuque,
laissez les mains se poser simplement sur les cuisses.
Pendant deux ou trois minutes, sentez que la posture elle-même soutient un sentiment de dignité tranquille. Vous n’êtes pas en train de « faire quelque chose », vous tenez une place. Cette sensation posturale prépare l’expérience d’« être le témoin » sans s’identifier à tout ce qui passe.
Les traditions contemplatives, qu’elles soient bouddhistes, hindoues ou chrétiennes (pensons à la nepsis des Pères du désert), ont toutes compris que la verticalité du corps favorise la verticalité intérieure : un axe stable autour duquel les phénomènes peuvent tourner sans nous emporter.
La posture n’est pas une simple question esthétique ou ergonomique ; elle est une déclaration silencieuse adressée à soi-même : “Je suis ici, présent, ancré, capable d’accueillir ce qui vient.”
3. Rituel de reconnexion corporelle en fin de journée
Avant le coucher, accordez-vous cinq minutes pour :
scanner rapidement le corps des pieds à la tête,
observer les zones de tension (épaules, ventre, gorge…),
sur une expiration un peu plus longue, imaginez que la tension descend le long du corps vers le sol.
Vous pouvez accompagner ce rituel d’un geste simple : poser une main sur le ventre, l’autre sur le cœur. Il s’agit de signifier au système nerveux que la journée s’achève, qu’il est permis de desserrer l’alerte. Une équanimité authentique ne peut se développer sur un terrain physiologiquement constamment en surchauffe.
Ce rituel d’atterrissage marque une frontière symbolique et physiologique entre le temps de l’action et le temps du repos. Nos sociétés modernes ont effacé ces seuils naturels : beaucoup se couchent en tension, l’esprit saturé, le corps contracté.
Le scanner corporel progressif réintroduit une conscience des sensations internes, cette capacité à sentir l’intérieur de son propre corps que notre mode de vie extraverti émousse. En remontant le long du corps, vous repérez où se logent les tensions — crispation de la mâchoire, compression du plexus solaire, lourdeur des épaules —, ces mémoires somatiques de nos émotions non déchargées.
L’expiration prolongée active le nerf vague, principal nerf du système parasympathique : répété soir après soir, ce geste reprogramme le système nerveux pour qu’il apprenne qu’un moment de lâcher-prise légitime existe. Le double contact des mains crée une forme de contenance qui signale au système limbique que vous prenez soin de vous-même.
Avec le temps, ce rituel devient un rendez-vous attendu, et cette anticipation elle-même modifie la qualité de la journée : sachant qu’un temps de décompression viendra, on traverse les épreuves avec plus de légèreté.

Étape 2 – Apaiser l’émotionnel : accueillir les vagues sans se noyer
Une fois un début d’ancrage corporel installé, il devient plus facile d’entrer dans la dimension émotionnelle sans être immédiatement emporté. L’équanimité émotionnelle ne signifie nullement l’absence d’affects, mais bien la capacité à les laisser nous traverser sans que tout notre être en soit déstabilisé.
La confusion courante consiste à croire qu’une personne équanime « ne ressent rien » ; en réalité, elle ressent tout, mais elle a appris à ne plus être possédée par ce qu’elle ressent. Les travaux en thérapies de troisième vague (ACT, mindfulness-based therapies) insistent sur cette distinction fondamentale : l’émotion est un événement psychologique, non une vérité ontologique. Elle monte, culmine, redescend ; elle informe, mais elle ne dicte pas.
1. Nommer pour apprivoiser
Lorsque vous sentez une émotion montante (irritation, tristesse, peur, jalousie…) :
faites une micro-pause,
formulez intérieurement : « En ce moment, je ressens de la colère / de la peur / de la tristesse. »
Ne cherchez ni à la justifier, ni à la condamner. Le simple fait de nommer crée une distance minimale : ce n’est plus « je suis en colère », mais « je ressens de la colère ». Entre les deux, un espace s’ouvre. Cet espace, aussi infime soit-il au début, est précisément le lieu où l’équanimité peut prendre racine.
En nommant, vous passez du mode identification (”je SUIS cette émotion”) au mode observation (”je CONSTATE cette émotion”), et ce glissement sémantique, à force de répétition, modifie en profondeur le rapport au vécu affectif.
2. Observer le cycle d’une émotion
Choisissez une émotion qui revient fréquemment (par exemple l’irritation) et, une fois dans la semaine, prenez le temps de l’observer comme une vague :
remarquez son déclencheur (un mot, un regard, une contrariété),
suivez sa montée (chaleur, tension, accélération du cœur),
notez le pic, puis le reflux inévitable, même léger.
La plupart des travaux en psychologie montrent qu’une émotion isolée a souvent un cycle très court, si on ne continue pas à l’alimenter mentalement. Voir cela de près est une étape décisive vers l’équanimité : ce qui semblait un bloc massif devient un mouvement qui nous traverse.
Les recherches de James Gross sur la régulation émotionnelle montrent que l’observation sans jugement (ce qu’il appelle réévaluation contemplative) permet une désescalade rapide de l’intensité émotionnelle, contrairement à la résistance ou à la rumination qui, elles, prolongent et amplifient l’affect.
En observant la vague sans tenter de la freiner ni de la chevaucher, vous apprenez peu à peu que vous êtes la plage, non l’océan : les émotions viennent se briser sur vous, mais ne vous emportent plus.
3. Journal émotionnel
Une à deux fois dans la semaine, le soir, notez brièvement :
un moment où vous avez été déstabilisé,
un moment où vous êtes resté plus stable que d’habitude.
Pour chacun, écrivez en quelques lignes :
ce qui s’est passé,
ce que vous avez ressenti,
ce que vous auriez aimé pouvoir faire ou dire autrement.
Ce journal n’est pas là pour ruminer, mais pour rendre visibles des motifs : situations qui reviennent, émotions déclenchées, réactions habituelles. L’équanimité n’est pas l’absence d’émotions, mais un rapport plus conscient à leurs cycles.
L’écriture transforme le vécu intérieur confus en récit observable. Tant que les émotions restent enfouies dans le flux mental, elles gardent un pouvoir hypnotique ; dès qu’elles sont posées sur le papier, elles deviennent objets d’étude plutôt que forces subies. Les recherches en psychologie narrative montrent que restructurer avec nos mots une expérience émotionnelle réduit son intensité et augmente le sentiment de contrôle.
En notant régulièrement déstabilisations et stabilités, vous créez une cartographie de votre paysage émotionnel. Vous commencez à voir les déclencheurs récurrents : interruptions en réunion, fatigue du jeudi soir, sentiment d’exclusion. Sans cette mise en lumière, ces schémas restent invisibles et semblent surgir « de nulle part ».
Mais ce journal rend également visibles les victoires : cette fois où vous avez respiré avant de répondre à une critique, ce soir où vous vous êtes abstenu plutôt que d’exploser. Ces micro-victoires, si elles ne sont pas reconnues, passent inaperçues, et on continue de ne voir que les échecs.
Étape 3 – Clarifier le mental : apprendre à ne plus croire tous ses pensées
Un mental saturé de commentaires, d’anticipations et de scénarios catastrophes rend extrêmement difficile la stabilité intérieure. L’enjeu n’est pas de « faire le vide », injonction d’ailleurs absurde pour un organe conçu pour produire des pensées, mais de voir la pensée comme une pensée, et non comme une vérité absolue.
La confusion fondamentale du mental non éduqué réside dans cette fusion : il prend ses productions pour des reflets exacts du réel, alors qu’elles ne sont le plus souvent que des projections, des reconstructions mémorielles, des anticipations biaisées. Les traditions méditatives parlent de vritti (tourbillons mentaux) dans le yoga, de papañca (prolifération mentale) dans le bouddhisme : toutes pointent vers cette tendance qu’a l’esprit à se perdre dans ses propres fabrications.
1. Écriture libre de déchargement
Deux à trois fois dans la semaine :
prenez 5 à 10 minutes,
écrivez tout ce qui vous passe par la tête, sans filtre, sans chercher la forme, sans vous relire sur le moment.
À la fin, posez le stylo et remarquez simplement : « Voilà à quoi mon mental ressemble quand je ne l’interromps pas. »
L’objectif n’est pas de trouver des solutions, mais de voir la densité du flux et de lui offrir un exutoire qui ne soit ni votre corps ni vos relations.
Cette pratique, parfois appelée flux de conscience ou écriture automatique dans le cadre thérapeutique, permet de décharger la pression accumulée par la rumination silencieuse.
En extériorisant le flux sur papier, vous rendez visible votre mental à l’œuvre, ses répétitions, ses obsessions, ses schémas circulaires, et cette seule vision commence à desserrer l’emprise.
2. La formule « je remarque que je pense que… »
Lorsque surgit une pensée pénible et récurrente (« je n’y arriverai jamais », « les autres me jugent », « rien ne va changer »), reformulez intérieurement :
au lieu de « je n’y arriverai jamais »,
dites : « je remarque que je pense que je n’y arriverai jamais. »
Cette petite insertion fait basculer du contenu au processus : il ne s’agit plus de débattre avec la pensée, mais de voir qu’elle est une production du mental, non un oracle.
Les thérapies cognitives appellent cela la défusion cognitive : prendre de la distance avec le contenu de sa pensée en se repositionnant comme observateur plutôt que comme sujet fusionné.
Avec l’entraînement, cette reformulation devient presque automatique, et vous sentez progressivement que vos pensées perdent de leur pouvoir d’intimidation : elles restent présentes, mais ne vous commandent plus.
3. Une fenêtre d’hygiène mentale
Choisissez chaque jour :
soit un créneau sans écrans (30 à 60 minutes),
soit un moment sans informations extérieures (ni actualités, ni réseaux),
soit un temps de marche silencieuse sans écoute (pas de podcast, pas de musique).
L’idée est de donner à l’esprit une fenêtre de silence relatif où il ne sera pas nourri en continu par des flux mentaux extérieurs. L’équanimité ne peut advenir si la sphère mentale est constamment envahie d’objets qui ne viennent pas de vous.
Nos cerveaux n’ont jamais été soumis à une telle densité d’informations et de stimulations qu’aujourd’hui. Les neurosciences cognitives montrent que l’exposition continue aux écrans maintient le cortex préfrontal dans un état d’activation permanente, épuisant les ressources attentionnelles et empêchant le cerveau d’accéder aux modes de repos nécessaires à l’intégration.
Le « mode par défaut » du cerveau, ce réseau neuronal qui s’active pendant les pauses et permet la consolidation mémorielle et l’introspection, n’a plus l’occasion de se déployer. Résultat : un sentiment diffus de saturation mentale, une difficulté croissante à se concentrer, une impression de vivre « à la surface » de soi-même.
Cette fenêtre d’hygiène mentale n’est pas une privation punitive, mais une libération. En vous offrant quotidiennement ce temps sans sollicitation extérieure, vous permettez au mental de ralentir, de digérer ce qui a été absorbé, de revenir à ses propres rythmes naturels.
Certains découvrent que des pensées plus profondes émergent spontanément, d’autres constatent simplement qu’ils respirent mieux, que l’anxiété diffuse se dissipe. Avec le temps, cette fenêtre devient un besoin : le mental lui-même la réclame, comme le corps réclame le sommeil.
Étape 4 – Ouvrir la dimension spirituelle : sens, intention, présence
La dimension spirituelle n’est pas nécessairement religieuse ; elle touche à la question du sens, de l’orientation profonde de l’existence, et du rapport à plus grand que soi. Sans ce niveau, l’équanimité risque de se réduire à une simple technique de gestion des affects, efficace peut-être, mais privée de l’élan qui la relie à une verticalité, à une transcendance, à ce que certains nomment le Sacré et d’autres la Vie, le Mystère, ou simplement la Conscience elle-même.
Les recherches en psychologie existentielle montrent que l’absence de sens génère une anxiété diffuse que nulle technique de relaxation ne peut dissoudre ; inversement, la connexion à un sens vécu (non imposé de l’extérieur mais découvert au fond de soi) produit une résilience remarquable face aux épreuves. Viktor Frankl, rescapé des camps, en a fait le cœur de sa logothérapie : celui qui sait pourquoi il vit peut endurer presque n’importe quel comment.
1. Une question d’orientation le matin
Chaque matin, avant de plonger dans vos obligations, prenez une minute pour vous poser une question simple, à votre manière :
« Aujourd’hui, quel type de présence ai-je envie d’offrir au monde ? »
ou : « Qu’est-ce qui, aujourd’hui, serait aligné avec ce que je veux vraiment servir ? »
Vous n’avez pas besoin de réponse claire. Il s’agit plutôt de tourner intérieurement le regard vers une polarité plus haute que les seules contraintes du jour. Ce simple geste d’orientation matinale agit comme une boussole : même si vous vous égarez durant la journée, vous savez quelle direction vous avez choisie au réveil, et vous pouvez y revenir.
Les traditions monastiques appellent cela “l’intention droite” ou “la résolution du cœur” : un acte intérieur qui précède et colore toute action extérieure, donnant à chaque geste, aussi humble soit-il, une dignité et une cohérence nouvelles.
2. Un temps de silence contemplatif
Une fois par jour (ou au moins trois fois dans la semaine), offrez-vous 5 à 10 minutes de silence :
assis, dos relativement droit,
sans chercher à « réussir » une méditation,
simplement en revenant régulièrement à la respiration ou à une sensation neutre (contact des mains, appui du corps).
Lorsque l’esprit part, ramenez-le doucement, sans brutalité. Ce n’est pas tant la « performance méditative » qui compte que le geste répété de revenir : revenir à soi, revenir au présent, revenir à ce lieu intérieur d’où l’on peut tout regarder avec un peu plus de recul.
Cette pratique contemplative, quelle que soit sa forme (zazen, oraison silencieuse, simple assise attentive), est le laboratoire où l’équanimité se forge : dans le silence, loin des sollicitations extérieures, vous apprenez à faire face à vous-même sans diversion, et c’est précisément cette confrontation bienveillante avec soi qui bâtit la souveraineté intérieure.
3. Un geste de gratitude ou d’offrande le soir
Avant de vous endormir :
remémorez-vous un élément de la journée (une rencontre, une parole, un paysage, un détail insignifiant mais beau) pour lequel vous pouvez éprouver de la gratitude,
ou, si la journée a été rude, offrez simplement votre fatigue, vos limites, votre confusion, à ce que vous désignez comme plus grand que vous (Dieu, le Vivant, la Vie, le Mystère…).
L’équanimité, ici, se nourrit d’un rapport vivant au réel : reconnaître ce qui a été donné, mais aussi remettre ce qui ne peut être contrôlé entre des mains plus vastes que les nôtres.
Ce geste constitue une forme de clôture spirituelle de la journée, symétrique à la question d’orientation matinale. Là où le matin vous vous tourniez vers l’avenir immédiat en vous demandant quelle présence offrir, le soir vous vous retournez vers ce qui a été vécu pour y chercher non pas ce qui a manqué, mais ce qui a été reçu.
Les recherches en psychologie positive montrent que la pratique régulière de la gratitude modifie durablement les circuits neuronaux liés au bien-être : le cerveau apprend progressivement à repérer spontanément ce qui va bien plutôt que de se focaliser exclusivement sur ce qui pose problème.
Mais ce rituel ne se limite pas aux jours où tout s’est bien passé. Les jours difficiles, ceux où rien ne semble avoir été reçu sinon des épreuves, des échecs ou de la fatigue, le geste d’offrande prend toute sa dimension spirituelle. Offrir sa confusion, sa fatigue, ses limites, ce n’est ni démissionner ni se plaindre : c’est reconnaître avec lucidité que vous ne pouvez pas tout porter seul, que certaines choses vous dépassent, et qu’il existe une instance plus vaste – que vous la nommiez Dieu, Vie, Conscience universelle ou simplement Mystère – capable de recevoir ce que vous ne pouvez plus contenir.
Cette remise entre des mains plus grandes que les nôtres est au cœur de l’équanimité spirituelle : elle enseigne l’humilité sans résignation, l’abandon sans passivité. Avec le temps, ce geste crée une confiance intérieure nouvelle, un sentiment que vous n’êtes pas seul face au réel, et que même dans l’obscurité, quelque chose vous soutient.

Étape 5 – Ajuster le relationnel : rester soi-même sans se durcir
Une grande part de notre vulnérabilité émotionnelle vient de la sphère relationnelle : malentendus, conflits, attentes déçues, fatigue d’être en interaction constante. L’équilibre relationnel ne consiste pas à devenir indifférent, mais à rester ajusté sans se renier.
Les philosophes du dialogue, de Martin Buber à Emmanuel Levinas, ont montré que l’autre est à la fois celui qui nous permet de nous constituer (nous ne devenons nous-mêmes qu’en relation) et celui qui nous menace (l’autre peut nous blesser, nous juger, nous rejeter). Cette double polarité explique pourquoi de nombreuses personnes oscillent entre fusion anxieuse et retrait défensif : nous ne savons pas encore tenir la juste distance qui permet d’être présent à l’autre sans se perdre, ouvert sans se dissoudre.
L’équanimité relationnelle est précisément cette capacité à demeurer dans la relation sans que l’ego n’en fasse le théâtre de ses besoins de validation, de contrôle ou de protection.
1. La micro‑pause avant de répondre
Choisissez une relation « à risque » (collègue difficile, proche susceptible, conflit en cours). Pendant une semaine, expérimentez ceci :
dès que vous êtes sollicité verbalement d’une manière qui vous touche,
marquez une demi-seconde de silence avant de répondre,
sentez vos pieds, votre souffle, puis répondez.
Ce minuscule délai suffit parfois à empêcher la réaction automatique de prendre le pouvoir. Il crée un espace pour que la réponse vienne de votre intériorité préservée plutôt que du réflexe défensif. La plupart des tensions interpersonnelles naissent de réactions instantanées, où chacun répond depuis sa blessure plutôt que depuis sa lucidité.
En introduisant ce quart de seconde de recul, vous brisez la chaîne stimulus-réponse automatique et vous réintroduisez le choix : vous devenez capable de répondre plutôt que de réagir, ce qui est la définition même de la responsabilité (réponse-habilité, capacité de réponse).
2. Dire « je » plutôt que « tu »
Une fois par jour, dans une interaction significative, entraînez-vous à formuler votre vécu sans accuser l’autre :
au lieu de : « Tu ne m’écoutes jamais »,
dire : « Quand je parle et que j’ai l’impression que tu regardes ailleurs, je me sens mis de côté. »
Ce déplacement linguistique n’est pas un artifice : il oblige à prendre en charge son ressenti sans le projeter immédiatement sur l’autre, ce qui est une condition de base pour une présence à l’autre de qualité.
La Communication Non Violente, développée par Marshall Rosenberg, a montré que la plupart des escalades conflictuelles naissent d’un même mécanisme : la confusion entre observation et interprétation, entre ressenti personnel et jugement sur l’autre. Lorsque vous dites « tu ne m’écoutes jamais », vous énoncez ce qui ressemble à un fait objectif, alors qu’il s’agit d’une interprétation subjective doublée d’une généralisation (« jamais »). L’autre, se sentant attaqué injustement, active immédiatement ses défenses : contre-attaque, justification, déni. Le dialogue se ferme avant même d’avoir commencé.
En reformulant en « je », vous accomplissez trois choses simultanément. D’abord, vous restituez à votre parole sa véritable nature : une expression de votre vécu intérieur, non un verdict sur l’autre. Ensuite, vous laissez à l’autre un espace de réponse non défensive : il peut entendre votre souffrance sans se sentir immédiatement coupable. Enfin, et c’est peut-être le plus important pour l’équanimité, vous apprenez à distinguer ce qui se passe en vous de ce qui se passe chez l’autre, à voir que votre émotion vous appartient et que, même si elle a été déclenchée par un comportement extérieur, elle révèle aussi vos attentes, vos blessures, votre histoire.
Cette prise de responsabilité émotionnelle est le socle de toute maturité relationnelle : elle permet de sortir de la posture victimaire (« c’est à cause de toi que je souffre ») pour entrer dans une posture de co-construction (« voici ce que je vis, comment pouvons-nous ajuster notre relation ? »).
3. Un temps d’écoute profonde
Choisissez au moins une fois dans la semaine une conversation où vous déciderez, consciemment, de pratiquer l’écoute profonde :
laissez l’autre parler sans l’interrompre,
suspendez autant que possible les commentaires intérieurs,
reformulez en une phrase ce que vous avez entendu (« si je comprends bien, pour toi… »).
Dans ce type d’écoute, l’équanimité se manifeste par la suspension temporaire de ses propres projections pour accueillir l’autre tel qu’il se présente. On cesse de faire de l’autre le simple théâtre de ses besoins, pour le recevoir comme un monde à part entière.
L’écoute profonde est l’une des pratiques relationnelles les plus difficiles, précisément parce qu’elle exige de mettre en suspens ce que nous faisons habituellement pendant qu’un autre parle : préparer mentalement notre réponse, juger intérieurement ce qui est dit, comparer avec notre propre expérience.
Les recherches en psychologie de la communication montrent que la plupart d’entre nous n’écoutons que quelques secondes avant de basculer dans notre propre monde mental. Nous attendons simplement que l’autre finisse de parler pour pouvoir enfin dire ce que nous avons à dire. Cette pseudo-écoute crée un dialogue de sourds où chacun monologue à tour de rôle sans jamais vraiment rencontrer l’autre.
L’équanimité du lien consiste précisément à résister à cette pulsion de ramener immédiatement l’autre à soi. Lorsque vous suspendez vos commentaires intérieurs, vous créez un espace intérieur vide où la parole de l’autre peut résonner sans être immédiatement filtrée, déformée, jugée. Cette vacuité attentive est proche de la posture méditative : vous êtes pleinement présent, mais sans saisir, sans chercher à contrôler ou à orienter. La reformulation (« si je comprends bien, pour toi… ») vient vérifier que vous avez réellement entendu ce qui a été dit, et non ce que vous vouliez entendre.
Cette simple pratique transforme radicalement la qualité des relations : l’autre se sent enfin vu, reconnu, accueilli tel qu’il est, et cette reconnaissance crée un lien de confiance qui autorise ensuite un véritable échange.
Avec le temps, vous découvrez que cette écoute profonde ne vous appauvrit pas en vous demandant de renoncer à vous-même, mais vous enrichit en vous ouvrant à des mondes intérieurs que vous n’auriez jamais imaginés.

L’équanimité : un chemin de transformation progressive, non une technique ponctuelle
Ce qui précède pourrait donner l’impression que l’équanimité se construit par accumulation d’exercices, comme on empilerait des briques jusqu’à former un mur.
La réalité est tout autre : l’équanimité est un chemin de transformation intérieure qui s’inscrit dans la durée, un chemin où les exercices proposés ne sont que des seuils d’entrée, des invitations à un travail bien plus vaste. Il ne s’agit pas de “faire” l’équanimité le temps d’une pratique pour ensuite retomber dans les mêmes schémas, mais bien d’engager un processus progressif de remplacement : remplacer les dysfonctionnements intérieurs par des fonctionnements plus justes, plus alignés, plus stables.
Les émotions non accueillies, refoulées ou sur-identifiées, créent des tensions corporelles chroniques : la colère rentrée contracte la mâchoire et durcit les épaules, l’anxiété comprime le diaphragme et accélère le rythme cardiaque, la tristesse alourdit le corps et courbe la posture. Le chemin de l’équanimité consiste à apprendre progressivement à ressentir sans se crisper, à laisser l’émotion traverser le corps sans qu’elle s’y incruste sous forme de cuirasse musculaire ou de fatigue chronique.
L’agitation mentale permanente, ce flux ininterrompu de commentaires, de jugements, de scénarios anxiogènes, crée un état de stress cognitif qui se traduit par de l’insomnie, de l’irritabilité, une incapacité à se concentrer. Le chemin de l’équanimité consiste à développer peu à peu la capacité d’observation mentale, à voir les pensées défiler sans les prendre pour des ordres, à instaurer des fenêtres de silence où le mental peut enfin se reposer.
Le manque de sens, l’absence de gratitude, la perte de connexion à quelque chose de plus grand que soi, engendrent un sentiment diffus d’insatisfaction, de doute existentiel, d’impatience chronique : rien ne semble jamais suffisant, chaque étape franchie révèle une nouvelle insuffisance, le bonheur reste toujours promis mais jamais atteint. Le chemin de l’équanimité, dans sa dimension spirituelle, consiste à réorienter progressivement le regard intérieur vers ce qui a du sens, à cultiver la gratitude pour ce qui est plutôt que le ressentiment pour ce qui manque, à apprendre la patience comme vertu profonde plutôt que comme simple résignation.
Les tensions relationnelles, les conflits récurrents, les malentendus qui s’accumulent, créent un sentiment de solitude, d’insécurité affective, de rejet ou d’incompréhension. Le chemin de l’équanimité, dans sa dimension relationnelle, consiste à développer cette capacité d’être présent à l’autre sans se perdre soi-même, à communiquer depuis sa vérité sans violence, à écouter profondément sans se laisser envahir, à poser des limites sans rigidité.
Ce chemin est lent, exigeant, non linéaire. Il demande de revenir sans cesse aux mêmes zones de vulnérabilité, de constater avec lucidité ses rechutes, ses oublis, ses moments de découragement. Il demande aussi de ne pas se mentir : l’équanimité n’est pas un état que l’on “obtient” définitivement un jour pour ne plus jamais le perdre, mais bien une qualité que l’on cultive, que l’on perd, que l’on retrouve, que l’on approfondit.
Ce qui change avec le temps, ce n’est pas tant l’absence totale de réactivité que la vitesse de retour à soi : là où il fallait autrefois des heures ou des jours pour retrouver son calme après une perturbation, il ne faudra plus que quelques minutes, puis quelques respirations. Là où l’on se perdait entièrement dans l’émotion ou la pensée, on apprend à garder un fil de conscience, aussi ténu soit-il, qui nous relie à cet sanctuaire intime dont nous avons parlé.
Ce chemin consiste fondamentalement à remplacer la réactivité par la réponse, l’automatisme par le choix, la dépendance par la souveraineté. Progressivement, à mesure que l’on apprend à prendre du recul face aux événements, à mettre de la raison et de la maîtrise (non pas au sens de contrôle rigide, mais au sens de gouvernance intérieure consciente) dans son existence, quelque chose se dépose en soi : une stabilité qui n’est plus tributaire des circonstances extérieures, une force intérieure qui ne se nourrit plus de l’approbation d’autrui, une indépendance d’esprit qui permet de penser par soi-même sans arrogance, une lucidité qui voit les choses telles qu’elles sont sans se voiler la face, une direction de vie claire qui oriente les choix quotidiens sans hésitation permanente.
L’équanimité, en ce sens, n’est pas un luxe spirituel réservé à ceux qui auraient le temps ou le privilège de s’y consacrer ; elle est une nécessité vitale pour quiconque refuse de rester à la merci des vents changeants du monde. Elle est ce socle intérieur à partir duquel on peut agir avec discernement, aimer sans attachement possessif, s’engager sans fanatisme, traverser les épreuves sans effondrement.
Les exercices proposés dans ce protocole ne sont donc que des portes d’entrée, des manières concrètes de commencer à habiter ce chemin. Mais le véritable travail se déroule ensuite, jour après jour, dans la répétition patiente, dans l’ajustement constant, dans la bienveillance envers soi-même lorsque l’on constate que l’on a encore cédé à la réactivité, et dans la reprise du chemin, encore et encore, jusqu’à ce que l’équanimité ne soit plus un effort mais une manière d’être.
Précaution importante
Les pratiques proposées sont des exercices d’observation et de présence à soi. En cas de troubles psychologiques diagnostiqués (dépression sévère, anxiété généralisée, traumatismes non résolus, troubles dissociatifs), consultez un professionnel de santé mentale avant d’entreprendre ces exercices. Certaines pratiques d’observation peuvent temporairement intensifier des émotions enfouies : si une détresse importante surgit, stoppez l’exercice et demandez un accompagnement adapté.
À retenir : un protocole en cinq étapes, modulable et vivant
Ce protocole n’est pas un carcan. Il est une structure d’accueil pour que le travail sur l’équanimité ne se dilue pas dans le flou des bonnes intentions. Tel qu’il est proposé, il peut se résumer ainsi :
Étape 1 : Physique – Revenir dans le corps, multiplier les micro-ancrages, marquer un rituel d’atterrissage en fin de journée.
Étape 2 : Émotionnel – Nommer, observer les cycles des émotions, tenir un journal d’échos émotionnels.
Étape 3 : Mental – Décharger le flux de pensées, pratiquer « je remarque que je pense que… », créer une fenêtre d’hygiène mentale.
Étape 4 : Spirituel – Poser une question d’orientation, s’offrir un temps de silence contemplatif, inaugurer un geste de gratitude ou d’offrande.
Étape 5 : Relationnel – Installer une micro-pause avant de répondre, parler en « je », vivre au moins un temps d’écoute profonde.
Vous pouvez l’adapter à votre situation ou à votre rythme :
choisir de parcourir une étape par semaine puis de reprendre le cycle,
consacrer plusieurs semaines à une étape jusqu’à sentir des acquis et passer à la suivante,
réduire l’ambition (ne choisir qu’un exercice par dimension),
revenir régulièrement à la dimension où vous sentez aujourd’hui votre plus grande fragilité.
L’essentiel est de garder vivant le mouvement : revenir au corps, accueillir l’émotion, voir la pensée, orienter le cœur, ajuster la relation. C’est ainsi que, peu à peu, l’équanimité cesse d’être un mot et devient une manière d’habiter votre propre vie.
La suite : un direct vidéo en semaine 3 pour approfondir ensemble
Ce protocole, aussi structuré soit-il, n’est qu’un point de départ. Chacun le vit à sa manière, rencontre ses propres obstacles, découvre des nuances que nul article ne peut anticiper.
C’est pourquoi, jeudi soir de la semaine prochaine, je vous proposerai un direct vidéo, ouvert à tous, qui marquera la troisième et dernière partie de cette Série Équanimité. Ce sera l’occasion de retracer ensemble, de façon synthétique, les points essentiels abordés dans les deux premiers articles : la compréhension conceptuelle de l’équanimité (ses racines philosophiques, ses assises neuroscientifiques, ses manifestations concrètes) et les cinq dimensions pratiques que nous venons d’explorer (physique, émotionnelle, mentale, spirituelle, relationnelle).
Mais surtout, ce direct sera un espace de dialogue vivant. Je répondrai aux questions que vous aurez posées dans le chat « Équanimité » dédié, ainsi qu’aux interrogations qui surgiront en direct. Certaines de ces questions seront sans doute d’ordre pratique (« Comment faire quand l’agitation mentale est trop forte ? », « Peut-on vraiment développer l’équanimité en plein conflit familial ? »), d’autres toucheront aux subtilités conceptuelles (« Quelle différence entre équanimité et résignation ? », « Comment ne pas confondre détachement et indifférence ? »). Toutes méritent un temps d’attention, car ce sont précisément ces points de friction qui révèlent où se situe votre véritable travail intérieur.
Pour conclure le direct, je vous guiderai à travers quelques exercices courts d’observation de soi et de méditation, de sorte que vous puissiez expérimenter en temps réel, même à distance, cette qualité de présence à soi que nous avons explorée en théorie. Ces moments pratiques collectifs permettent souvent de débloquer ce qui restait abstrait, de sentir dans son propre corps ce qu’est le « pas de côté », d’apercevoir ce lieu de silence intérieur dont nous parlons depuis le début de la série.
Notez dans vos agendas : direct vidéo, jeudi prochain, 26 février à 20h, pour clore ensemble ce cycle Équanimité.
Dès maintenant, poser vos questions dans le Chat :
Rejoignez dès maintenant le fil de Chat dédié « Équanimité » dans lequel vous pouvez poser vos questions sur les deux articles qui sont consacrés à ce thème et soulever les problèmes spécifiques auxquels vous êtes confronté. Je répondrai aux plus simples dans le Chat et les plus complexes seront traités lors du direct.
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Avez-vous déjà commencé à expérimenter l’une des cinq dimensions proposées ? Quelle est celle qui vous semble la plus accessible aujourd’hui, et celle qui vous paraît la plus difficile ? Vos témoignages concrets m’aideront à affiner le contenu du Direct de la semaine prochaine et à répondre au plus près de vos préoccupations réelles.
📅 Séance découverte offerte (30 min en visio)
Si, en lisant cette Série, vous sentez que le thème de l’équanimité touche quelque chose de très concret dans votre vie (épuisement émotionnel, relations difficiles, sensation d’être constamment déstabilisé), mais que vous ne savez pas par où commencer ou comment adapter ce protocole à votre situation spécifique, nous pouvons en parler ensemble.
Je vous propose une séance Découverte de 30 minutes en visio, sans engagement, pour faire le point sur votre situation, repérer votre principale zone de vulnérabilité (physique, émotionnelle, mentale, spirituelle ou relationnelle) et voir comment adapter ce protocole à votre réalité, avec des garde-fous de bon sens et un accompagnement personnalisé si nécessaire.
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Chaque 1er mercredi du mois, la Veille Santé s’accompagne d’un sondage pour élire les thèmes que vous voulez voir approfondis durant les mois suivants (article dédié, protocoles concrets, études de cas). Pour voter, (re)découvrez la Veille Santé de ce mois-ci : pour chaque sujet traité, vous pourrez cliquer Oui ou Non pour dire si vous souhaitez le voir développer en article complet.
Bibliographie pour aller plus loin
Dimension physique – Ancrage corporel et régulation nerveuse
Porges S., La Théorie polyvagale : Comment notre système nerveux perçoit le monde, Éditions Dangles, 2021.
Schmalzl L. et al., « Movement-based embodied contemplative practices: definitions and paradigms », Frontiers in Human Neuroscience, 2014.
Van der Kolk B., Le Corps n’oublie rien : Le cerveau, l’esprit et le corps dans la guérison du traumatisme, Albin Michel, 2018.
Dimension émotionnelle – Régulation et cycles affectifs
Gross J., « Emotion regulation: Affective, cognitive, and social consequences », Psychophysiology, 39, 2002.
Guendelman S. et al., « Mindfulness and emotion regulation: Insights from neurobiological studies », Frontiers in Psychology, 2017.
Linehan M., Manuel d’entraînement aux compétences DBT, Médecine & Hygiène, 2017 (dialectique acceptation/changement).
Dimension mentale – Observation et défusion cognitive
Hayes S., Strosahl K., Wilson K., La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), De Boeck Supérieur, 2017.
Desbordes G. et al., « Moving beyond mindfulness: defining equanimity as an outcome measure », Mindfulness, 5(6), 2014.
Christophe André, Méditer jour après jour, L’Iconoclaste, 2011 (pratiques d’observation mentale).
Dimension spirituelle – Sens, contemplation et transcendance
Frankl V., Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, J’ai Lu, 2013 (édition poche).
Hadot P., Exercices spirituels et philosophie antique, Albin Michel, 2002 (traditions stoïciennes et contemplatives).
Wallace B. Alan, Contemplative Science: Where Buddhism and Neuroscience Converge, Columbia University Press, 2007 [anglais, pas d’équivalent français].
Dimension relationnelle – Communication ajustée et présence à l’autre
Rosenberg M., Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), La Découverte, 2016 (Communication Non Violente).
Buber M., Je et Tu, Aubier, 2012 (philosophie du dialogue).
Thich Nhat Hanh, La Plénitude de l’instant, Marabout, 2008 (équanimité et compassion relationnelle).
Équanimité et neurosciences contemplatives
Eberth J., Sedlmeier P., Schäfer T., « PROMISE: A model of insight and equanimity », Frontiers in Psychology, 2019.
Yokomoto F. et al., « Role of equanimity on neuroticism, stress, depression », Healthcare, 9(10):1300, 2021.
Vago D. et al., « Deep rest: an integrative model of contemplative practices », Trends in Cognitive Sciences, 2022.






