Veille Santé : entre gènes et choix quotidiens, six découvertes qui redéfinissent votre pouvoir d'agir
Probiotiques de précision, polluants "éternels", horloges biologiques et dialogue intérieur : ce que la recherche valide en ce début d'année
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Ma veille santé - janvier 2026 🌿
Ce matin, en parcourant les publications scientifiques du mois écoulé, j’ai vécu l’un de ces moments où tout converge vers un paysage plus global sur notre santé : une étude sur le vieillissement épigénétique qui prédit le déclin cognitif sept ans avant les premiers symptômes, une autre sur le rôle du microbiote dans la progression d’Alzheimer, un troisième travail sur la manière dont nous organisons nos journées qui façonne littéralement la structure de notre cerveau. Trois portes d’entrée différentes – génétique, intestin, comportement – pour une seule vérité : notre santé ne se joue pas dans un seul organe, ni dans un seul geste, mais dans le dialogue permanent entre ce que nous mangeons, ce que nous respirons, la façon dont nous nous parlons à nous-mêmes, et des choix quotidiens que nous croyons parfois anodins.
Nous avons là de nouveau des confirmations scientifiques de ce que les approches holistiques racontent depuis longtemps : nous ne sommes ni prisonniers de notre génétique, ni maîtres absolus de notre destin biologique, mais nous habitons un espace de responsabilité réaliste où chaque geste compte – pour nous, et parfois pour nos enfants.
Dans cette Veille, je vous propose donc six sujets que j’ai retenus pour leur résonance directe avec la pratique intégrative : des probiotiques de souche spécifique qui sortent enfin de la pensée magique du « yaourt miracle » ; les PFAS, ces polluants “éternels” qui entrent désormais dans le radar sanitaire officiel de l’eau potable française ; le lien précis entre dysbiose intestinale et maladie d’Alzheimer ; quatre habitudes neuroscientifiques qui protègent du burn-out en réorganisant l’architecture de la journée ; l’auto-compassion comme outil psychologique validé dans la dépression ; et les horloges épigénétiques qui mesurent – et modulent – notre véritable âge biologique.
À chaque fois, nous terminerons par un point très concret : « Ce que cela change pour vous ».
Dans cette édition :
Probiotiques de souche spécifique : la fin du « yaourt magique »
PFAS dans l’eau potable : les « polluants éternels » entrent dans l’agenda sanitaire
Axe intestin-cerveau et maladie d’Alzheimer : quand la dysbiose accélère le déclin
Burn-out et neurosciences : quatre gestes quotidiens pour réorganiser le cerveau
Auto-compassion et dépression : quand transformer le dialogue intérieur devient thérapeutique
Horloge épigénétique et longévité : mesurer – et moduler – le temps biologique

1. Probiotiques de souche spécifique : la fin du « yaourt magique »
Pendant des années, le mot probiotiques a été utilisé comme une sorte de talisman flou : des « bonnes bactéries pour l’intestin », parfois réduites à un yaourt enrichi ou à une gélule multi-souches vaguement formulée. En réalité, la recherche clinique sérieuse parle toujours de quelque chose de beaucoup plus précis : une souche définie, identifiée par son genre (Lactobacillus, Limosilactobacillus, Bifidobacterium…), son espèce, et un code de collection (DSM, ATCC, CNCM, etc.), avec des études cliniques qui documentent ses effets pour une indication donnée, à une dose et sur une durée déterminées.
L’exemple de Limosilactobacillus reuteri DSM 17938 est emblématique : cette souche, isolée du lait maternel, a montré dans plusieurs essais randomisés un bénéfice pour les coliques du nourrisson, certaines diarrhées et la constipation fonctionnelle de l’enfant, via une modulation fine du microbiote et une réduction de l’inflammation intestinale. Les synthèses récentes la citent même comme la seule souche clairement recommandée pour la constipation chez l’enfant, dans des cadres associatifs et éducatifs spécialisés sur les probiotiques.
Autrement dit, il ne s’agit plus de « prendre des probiotiques » de façon vague, mais bien de choisir une souche en fonction d’une question clinique précise. À l’inverse, certaines indications supposées – comme la prévention des infections respiratoires aiguës ou le traitement direct des bronchiolites – ne sont pas soutenues par des données solides pour cette même souche, ce qui rappelle à quel point la notion d’« indication » est centrale.
Ce que cela change pour vous
Avant de vous supplémenter, prenez le temps de clarifier la question : constipation, coliques du nourrisson, syndrome de l’intestin irritable, récupération après antibiotiques, ou simple quête de confort digestif flou.
Lisez l’étiquette comme vous liriez une ordonnance : la souche doit être explicitement nommée (genre, espèce, code), la quantité en unités formant colonies doit être indiquée, et la date de péremption doit être lisible.
Dans le doute, commencez par travailler le terrain : fibres fermentescibles, mastication, hydratation, réduction du stress et régularité du sommeil ont souvent plus d’impact qu’un probiotique pris « à l’aveugle ».
Si vous êtes thérapeute, cela implique de vous familiariser avec quelques souches bien documentées et leurs indications réelles, plutôt que de recommander indistinctement des mélanges multi-souches.

2. PFAS dans l’eau potable : les « polluants éternels » entrent dans l’agenda sanitaire
Depuis le 1er janvier 2026, les PFAS – ces composés per- et polyfluoroalkylés utilisés dans les revêtements antiadhésifs, les mousses anti-incendie, certains textiles ou emballages alimentaires – doivent désormais être intégrés de manière systématique au contrôle de routine de l’eau de consommation par les Agences Régionales de Santé. Cette obligation découle de la directive européenne 2020/2184 sur la qualité des eaux destinées à la consommation humaine, qui impose la surveillance de 20 PFAS, avec une limite de 0,1 µg/L pour la somme de ces substances dans l’eau distribuée.
La France a même anticipé en fixant dès 2023 cette limite de qualité à 0,1 µg/L dans l’eau distribuée et en ajoutant, par un décret de décembre 2025, deux molécules supplémentaires à surveiller à partir de 2027 : le TFA (acide trifluoroacétique) et le 6:2 FTSA, très mobiles et fréquemment détectées dans les eaux brutes comme dans l’eau distribuée. Les données de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) montrent par ailleurs que le TFA a été retrouvé dans environ 92% des échantillons d’eau analysés en France, ce qui illustre la nature ubiquitaire de ces polluants.
Pourquoi cela concerne-t-il la santé intégrative ? Parce que ces molécules sont persistantes dans l’environnement, s’accumulent dans la chaîne alimentaire, et se stockent ensuite dans nos tissus, avec des effets qui dépassent largement la seule toxicité aiguë. Les PFAS sont associés à des perturbations endocriniennes (thyroïde, reproduction, métabolisme), à une altération de la réponse immunitaire, et à une augmentation du risque de certains cancers (rein, testicule notamment), sans oublier leur impact sur la méthylation de l’ADN et les voies épigénétiques de régulation de l’expression génétique.
Ce que cela change pour vous
Il ne s’agit pas de diaboliser systématiquement l’eau du robinet, mais de sortir du déni ; selon votre région, la qualité de l’eau et les efforts de traitement peuvent varier sensiblement. Vous pouvez consulter les données publiques de votre Agence Régionale de Santé pour connaître la situation locale, et suivre les communiqués municipaux lorsqu’une ressource est particulièrement touchée.
Si vous souhaitez réduire votre exposition, des systèmes de filtration au point d’usage – charbon actif bien dimensionné, voire osmose inverse pour les plus vulnérables – peuvent déjà diminuer significativement la charge de PFAS, tout en restant plus écologiques que les eaux en bouteille à usage massif.
Parallèlement, réduire les sources évitables (poêles antiadhésives abîmées, emballages alimentaires gras et chauds, textiles fortement traités) limite la charge globale ; ce n’est pas de la pureté obsessionnelle, c’est un ajustement réaliste de votre environnement quotidien.
Si vous êtes engagé dans une démarche de santé transgénérationnelle, ces éléments sur le PFAS rejoignent les données que nous avons déjà évoquées sur les perturbateurs endocriniens : ce que nous respirons, buvons et mangeons aujourd’hui laisse des traces dans l’épigénome de nos enfants et petits-enfants. Voir Les perturbateurs endocriniens et leur effet transgénérationnel.

3. Axe intestin-cerveau et maladie d’Alzheimer : quand la dysbiose accélère le déclin
Dans un article précédent, « L’intestin, notre deuxième cerveau et notre santé », j’ai détaillé le fonctionnement de l’axe intestin-cerveau, la richesse du microbiote, sa production de neurotransmetteurs et la façon dont il module notre système nerveux, notre immunité et notre humeur. Une nouvelle vague d’études vient ajouter un volet précis à ce tableau : la contribution du microbiote au risque de maladie d’Alzheimer et à la vitesse du déclin cognitif.
Plusieurs travaux récents confirment que les personnes présentant un trouble cognitif léger ou une maladie d’Alzheimer ont souvent un microbiote caractérisé par une augmentation de bactéries pro-inflammatoires, couplée à une diminution de bactéries productrices d’acides gras à chaîne courte comme le butyrate ou le propionate, ces molécules issues de la fermentation des fibres qui nourrissent l’épithélium intestinal, apaisent l’inflammation et jouent un rôle de signal hormonal à distance. Dans ce contexte, la barrière intestinale devient plus perméable, laissant passer des fragments bactériens et des endotoxines qui rejoignent la circulation, entretiennent une inflammation de bas grade et finissent par contribuer à une neuroinflammation qui fragilise progressivement la mémoire.
Un aspect particulièrement intéressant est le rôle protecteur suggéré pour le propionate, produit notamment par certaines bactéries comme Akkermansia muciniphila à partir de fibres alimentaires fermentescibles : des modèles expérimentaux indiquent qu’il pourrait réduire la formation de plaques amyloïdes et moduler des enzymes impliquées dans l’expression de gènes de neuroprotection, en agissant sur des voies épigénétiques. On voit ainsi se tisser un lien direct entre la composition du microbiote, la qualité de l’alimentation, la régulation épigénétique et la trajectoire cognitive au fil des années.
Ce que cela change pour vous
Plutôt que de considérer la prévention d’Alzheimer comme un horizon lointain et génétiquement scellé, vous pouvez commencer à l’envisager comme une hygiène quotidienne de l’intestin et de l’inflammation : fibres végétales, légumineuses, légumes variés, céréales complètes, polyphénols alimentaires, limitation des sucres rapides et des produits ultra-transformés.
Si un proche présente déjà un trouble cognitif léger, il devient cohérent d’intégrer à l’accompagnement une réflexion sur son microbiote : antécédents d’antibiotiques répétés, alimentation appauvrie, troubles digestifs chroniques sont autant de portes d’entrée pour une intervention ciblée.
Pour approfondir le versant nutrition, stress, sommeil et microbiote, je vous renvoie à mon article complet sur « l’intestin, notre deuxième cerveau », que ces nouvelles données ne contredisent pas, mais prolongent en direction de la neurodégénérescence.

4. Burn-out et neurosciences : quatre gestes quotidiens pour réorganiser le cerveau
Les neurosciences cognitives récentes le confirment de manière de plus en plus claire : le burn-out n’est pas une simple « incapacité à gérer le stress », ni une affaire de fragilité morale, mais le produit d’un environnement qui sollicite en permanence notre système d’alerte, combiné à une architecture de la journée qui maltraite la manière dont notre cerveau gère son énergie limitée.
Nous savons désormais que le cerveau fonctionne par cycles ultradiens d’environ 90 à 120 minutes, avec des fenêtres de très haute clarté cognitive, en particulier dans les premières heures qui suivent le réveil. Lorsque ces fenêtres sont saturées de mails, de notifications, de réunions improvisées et de micro-sollicitations, l’énergie du cortex préfrontal – cette zone qui nous permet de planifier, décider, réfléchir – se dissipe dans des tâches fragmentées, tandis que l’amygdale, le centre de l’alarme, reste en hyperactivité.
Les travaux synthétisés ces derniers mois mettent en avant quatre leviers modestes mais puissants : sanctuariser les 60 à 90 premières minutes de la journée pour une tâche profonde, sans écran ni notifications ; consacrer chaque jour un bloc de 60 à 90 minutes de travail ininterrompu sur un sujet exigeant ; instaurer un rituel explicite de fermeture de la journée (ranger l’espace, noter trois accomplissements, fixer trois priorités pour le lendemain) ; et décider la veille de ce que l’on fera le lendemain, afin de libérer de l’espace mental et d’éviter de consommer une partie de sa capacité décisionnelle dès le réveil.
Ce que cela change pour vous
Plutôt que d’essayer de « tenir » en ajoutant effort sur effort, vous pouvez commencer par réorganiser votre journée autour de vos cycles cérébraux : un créneau matinal sans écran, un bloc profond sans interruption, un rituel de clôture et une micro-planification la veille.
Si vous vous sentez déjà au bord de la rupture – fatigue inexpliquée, brouillard mental, irritabilité, sentiment de détachement cynique – ces gestes ne remplacent pas un accompagnement médical ou psychothérapeutique, mais posent un socle d’hygiène neurocognitive qui en potentialise les effets.
Pour les thérapeutes et coachs qui mènent des accompagnements de personnes épuisées, ces quatre leviers offrent un langage et des outils concrets, basés sur des données neurobiologiques, qui évitent de culpabiliser davantage les personnes en souffrance.

5. Auto-compassion et dépression : quand transformer le dialogue intérieur devient thérapeutique
La pleine conscience a désormais une place reconnue dans les protocoles de prévention des rechutes dépressives, au travers de programmes structurés comme le MBCT ou Thérapie cognitive basée sur la pleine conscience, qui combinent méditation et thérapie cognitive. Mais ce qui se précise de plus en plus, c’est que pour certaines personnes – notamment celles dont la dépression est intriquée à une honte profonde, une auto-dévalorisation chronique ou des vécus d’abus – l’observation neutre des pensées ne suffit pas : il faut aussi transformer radicalement la manière dont elles se parlent à elles-mêmes.
C’est là qu’intervient l’auto-compassion, développée par la psychologue américaine Kristin Neff, non comme une pratique méditative, mais comme une posture psychologique structurée qui s’intègre désormais dans plusieurs approches thérapeutiques validées : thérapie cognitivo-comportementale (TCC), thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), ou encore thérapie centrée sur les schémas.
L’auto-compassion repose sur trois piliers psychologiques interdépendants qui visent à contrer les mécanismes d’auto-punition et de honte identitaire caractéristiques de nombreuses dépressions.
La bienveillance envers soi-même remplace l’autocritique sévère (« je suis nul », « je ne mérite rien ») par un dialogue intérieur que vous pourriez avoir avec un ami en difficulté : « c’est difficile en ce moment, qu’est-ce qui pourrait m’aider ? ». Les recherches montrent que les personnes dépressives s’infligent souvent un discours intérieur d’une violence telle qu’elles n’adresseraient jamais à un proche, générant non pas de la motivation mais une honte paralysante.
Le sentiment d’humanité commune casse l’isolement psychologique en rappelant que la souffrance fait partie de l’expérience humaine partagée : « ce que je vis, d’autres le vivent aussi ». Cette reconnaissance neutralise le sentiment d’être « le seul défaillant », qui renforce la spirale dépressive et empêche de chercher de l’aide.
La pleine conscience – comprise ici non comme méditation formelle mais comme conscience équilibrée – permet de reconnaître la douleur présente sans se laisser submerger ni la nier : « oui, j’ai cette pensée douloureuse, je reconnais qu’elle me fait mal, et je peux y répondre avec douceur plutôt que jugement ».
Les études récentes montrent que l’intégration de l’auto-compassion dans les protocoles thérapeutiques produit des effets mesurables sur la rumination, l’anxiété, la dépression et la régulation émotionnelle, particulièrement chez les personnes à haut niveau d’autocritique ou avec des antécédents traumatiques. Une étude de janvier 2026 sur un programme psycho-éducatif d’auto-compassion basé sur l’ACT montre notamment une augmentation significative et durable de l’auto-compassion et de la flexibilité psychologique, avec des changements comportementaux observables dans le quotidien.
Ce qui est important de comprendre, c’est que l’auto-compassion n’est pas de l’auto-indulgence ni une excuse pour éviter de changer : au contraire, les données montrent qu’elle augmente la motivation, la résilience et la lucidité, parce qu’elle crée un climat intérieur plus sécurisant qui permet d’affronter ses difficultés sans s’effondrer. Là où l’auto-punition bloque toute transformation authentique en maintenant la honte, l’auto-compassion ouvre un espace de croissance réelle.
Ce que cela change pour vous
Dans votre quotidien, commencez par observer votre dialogue intérieur : vous parlez-vous avec la dureté d’un juge impitoyable ou avec la bienveillance que vous auriez pour un ami ? Cette simple prise de conscience est déjà un premier pas thérapeutique.
L’auto-compassion peut s’apprendre via des exercices psychologiques concrets (journaling compassionnel, reformulation bienveillante des pensées négatives, reconnaissance de l’humanité commune dans la souffrance), et certains programmes psycho-éducatifs structurés sur 8 semaines montrent des résultats probants.
Si vous êtes thérapeute et accompagnez des personnes dépressives, particulièrement celles figées dans des schémas d’auto-punition ou de perfectionnisme toxique, intégrer des outils d’auto-compassion peut débloquer des impasses thérapeutiques où les approches cognitives classiques butent sur la honte identitaire.

6. Horloge épigénétique et longévité : mesurer – et moduler – le temps biologique
Sous le mot épigénétique, on entend l’ensemble des mécanismes qui modulent l’activité des gènes sans changer la séquence de l’ADN : petites étiquettes chimiques (méthyles) posées ou retirées sur certaines bases, modifications des protéines autour desquelles s’enroule l’ADN, ou encore action de nombreux ARN non codants qui orchestrent de vastes réseaux d’expression génique. Là où la génétique décrit la partition, l’épigénétique décrit la façon dont elle est interprétée, accélérée, ralentie, censurée ou mise en avant.
Depuis une dizaine d’années, des chercheurs ont mis au point des « horloges épigénétiques » : en analysant des centaines de sites de méthylation, ils parviennent à estimer un âge biologique qui peut être plus jeune ou plus âgé que l’âge chronologique, en fonction de l’usure réelle de l’organisme. La dernière génération de ces outils, comme DunedinPACE, ne se contente plus d’estimer un âge, elle mesure la vitesse du vieillissement – à quel rythme les systèmes du corps accumulent les marques de l’âge.
Une analyse récente de la Framingham Heart Study, publiée début 2026, a ainsi montré que des marqueurs épigénétiques de vieillissement accéléré, en particulier ceux fournis par DunedinPACE, étaient associés à des performances plus faibles au test de l’horloge digitale sept ans plus tard, ce test qui évalue la mémoire, les fonctions exécutives et les capacités visuo-spatiales. L’écart n’est pas anecdotique : à âge chronologique égal, celles et ceux dont l’horloge épigénétique tourne plus vite semblent plus vulnérables au déclin cognitif, ce qui ouvre la voie à une prévention beaucoup plus précoce.
Les travaux convergent également sur les leviers susceptibles de ralentir cette horloge : alimentation de type méditerranéen, riche en fibres, en polyphénols et en nutriments donneurs de méthyle ; activité physique régulière qui reprogramme favorablement l’expression de gènes liés au métabolisme et à la réparation ; sommeil régulier qui stabilise les horloges circadiennes ; gestion du stress qui réduit la méthylation délétère de certains gènes impliqués dans la résilience ; réduction de l’exposition aux toxiques, qui eux ont tendance à dérégler massivement l’épigénome.
Ce que cela change pour vous
La notion d’âge biologique vous invite à déplacer votre regard : deux personnes de 60 ans peuvent avoir un corps qui en fait 50 ou 70, selon leur histoire, leurs choix et leurs expositions. Cette différence n’est pas seulement philosophique, elle se mesure désormais dans le sang.
Vous n’avez pas besoin d’un test épigénétique pour agir : considérer que chaque repas, chaque nuit de sommeil, chaque séance d’activité physique, chaque pratique de régulation émotionnelle est une micro-intervention sur l’expression de vos gènes change la manière de voir l’hygiène de vie.
Si vous accompagnez des patients, ce modèle permet de sortir de l’opposition stérile entre « c’est dans vos gènes, on n’y peut rien » et « tout dépend de vous » ; il ouvre un espace de responsabilité réaliste : il y a une marge, elle n’est ni infinie ni nulle, mais elle existe, et c’est là que se joue une bonne partie de la prévention.
💫 Ce qu’il faut retenir – et comment l’appliquer dans votre vie
Probiotiques de souche spécifique :
Tous les probiotiques ne se valent pas. Une souche précise (comme Limosilactobacillus reuteri DSM 17938) pour une indication documentée (constipation, coliques), à dose et durée définies.
Mise en pratique : avant d’acheter un probiotique, vérifiez que l’étiquette mentionne la souche complète avec son code. En l’absence de trouble précis, privilégiez d’abord les fibres fermentescibles (légumineuses, légumes-racines) qui nourrissent naturellement votre microbiote.
PFAS dans l’eau potable :
Ces « polluants éternels », désormais surveillés obligatoirement depuis janvier 2026, perturbent hormones, immunité et épigénome. Ils s’accumulent dans nos tissus et ceux de nos enfants.
Mise en pratique : renseignez-vous sur la qualité de l’eau de votre commune auprès de votre ARS. Investissez progressivement dans un filtre à charbon actif de qualité. Remplacez les poêles antiadhésives abîmées par de l’inox ou de la fonte.
Microbiote et Alzheimer :
Un intestin déséquilibré nourrit l’inflammation cérébrale et accélère le déclin cognitif. Le propionate, produit par certaines bactéries à partir de fibres, protège contre les plaques amyloïdes.
Mise en pratique : augmentez votre consommation quotidienne de légumes variés, légumineuses et céréales complètes. Ajoutez des polyphénols (baies, thé vert, huile d’olive). Si un proche montre des signes de déclin cognitif, pensez aussi à évaluer son microbiote.
Burn-out et neurosciences :
Le burn-out n’est pas une faiblesse morale mais une désorganisation des cycles cognitifs dans un environnement fragmenté. Quatre habitudes restructurent le cerveau.
Mise en pratique : commencez cette semaine par une seule habitude : protégez vos 60 premières minutes matinales sans écran, sans mail, pour une tâche importante. Observez l’effet sur votre clarté mentale avant d’ajouter d’autres leviers.
Auto-compassion et dépression :
Transformer son dialogue intérieur de l’autocritique sévère vers la bienveillance active réduit rumination, honte et rechutes dépressives. Ce n’est pas de l’indulgence, c’est une posture thérapeutique validée.
Mise en pratique : pendant une semaine, notez chaque soir une phrase dure que vous vous êtes dite, puis reformulez-la comme si vous parliez à un ami en difficulté. Ce simple exercice recâble progressivement votre rapport à vous-même.
Épigénétique et longévité :
Votre âge biologique n’est pas votre âge sur la carte d’identité. L’horloge épigénétique DunedinPACE prédit le déclin cognitif sept ans avant les symptômes. La bonne nouvelle : elle est modulable.
Mise en pratique : considérez chaque repas, chaque nuit de sommeil régulier, chaque marche de 30 minutes comme une micro-intervention qui ralentit votre horloge biologique. Aucun test coûteux n’est nécessaire pour commencer à rajeunir biologiquement.
Conclusion
Nous entrons dans une époque où les frontières entre biologie, psychologie, environnement et sens de l’existence deviennent de plus en plus poreuses ; les PFAS présents dans une rivière se retrouvent dans nos cellules et dans l’épigénome de nos enfants, le contenu de notre assiette dialogue avec le risque de démence, la manière dont nous organisons nos journées façonne notre cerveau, et la façon dont nous nous parlons intérieurement influence l’évolution d’un épisode dépressif.
La bonne nouvelle, c’est que ces liens ne sont plus seulement des intuitions : ils deviennent mesurables, discutables, perfectibles. À chaque fois que vous ajustez un geste du quotidien – boire une eau mieux filtrée, nourrir votre microbiote, respecter vos cycles de sommeil, vous offrir un peu de douceur au lieu de vous juger, ou marcher trente minutes – vous agissez à la fois sur votre présent et sur la manière dont votre biologie écrira la suite de l’histoire.
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📚 Sources principales
Probiotiques de souche spécifique : la fin du « yaourt magique »
Fondation canadienne pour la santé digestive (CDHF) : La science derrière les probiotiques cliniquement étudiés – Explique pourquoi les souches spécifiques comme L. reuteri DSM 17938 sont documentées pour constipation et coliques. (français, janvier 2026)
CDHF – Certification BioGaia Gastrus : Probiotique certifié pour le syndrome de l’intestin irritable – Détaille la combinaison DSM 17938 + ATCC PTA 6475 et ses études cliniques. (français, janvier 2026)
CDHF – Probiotics for Kids : What Parents Need to Know – Synthèse accessible sur les probiotiques pour enfants avec niveau de preuve. (anglais, janvier 2026)
PFAS dans l’eau potable
Ministère de la Santé (France) : Les PFAS et l’eau destinée à la consommation humaine – Réglementation officielle, seuils, calendrier de surveillance (TFA, 6:2 FTSA). (français, janvier 2026)
Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes : PFAS : surveillance dans l’eau de consommation – Modalités pratiques de contrôle et données régionales. (français, novembre 2025)
Eau Publique Orge-Essonne : Le TFA ajouté à la liste des PFAS à contrôler – Actualité locale février 2026 sur détection TFA. (français, février 2026)
Microbiote et Alzheimer
PubMed Central : The gut microbiota influences neurodegenerative diseases – Revue scientifique complète sur axe intestin-cerveau, propionate, Akkermansia, neuroinflammation et Alzheimer. (anglais, janvier 2026)
Natural News : Gut bacteria imbalance linked to Alzheimer’s risk in major study – Synthèse accessible des dernières découvertes sur dysbiose et déclin cognitif. (anglais, janvier 2026)
Psychologies.com : Une analyse pourrait prédire votre déclin cognitif… 7 ans à l’avance – Lien entre vieillissement biologique et cognition via étude Framingham. (français, janvier 2026)
Burn-out et neurosciences
Reclaim.ai (5 janvier 2026) – Deep Work: Ultimate Guide to Time Focus in 2026. Guide exhaustif sur le deep work : time blocking améliore la productivité de 80%, moyennes de 11,2 heures/semaine de travail productif, taux de burnout de 60,2%, stratégies de blocs de concentration et défense du temps. (anglais, janvier 2026)
LinkedIn/Zainith : Tackling Attention Residue and Context Switching – Données chiffrées sur coût cognitif du multitâche : 23 min pour retrouver concentration après interruption, perte 40% productivité. (anglais, janvier 2026)
The Clarity Corner : The Neuroscience of Deep Focus in the Retired Brain – Explication neuroscientifique de la concentration profonde et architecture attentionnelle. (anglais, janvier 2026)
Auto-compassion et dépression
Nature Scientific Reports : The effect of an acceptance and commitment therapy program on self-compassion – Étude randomisée janvier 2026 sur programme ACT-compassion et flexibilité psychologique. (anglais, janvier 2026)
Au Cœur de Ma Santé : Autosoins pour améliorer son bien-être – Ressource accessible sur auto-compassion et régulation émotionnelle. (français, juin 2025)
Therapy Central : Self-Pity: What it Means & How to Shift It – Distinction auto-compassion vs auto-apitoiement, approche psychologique. (anglais, janvier 2026)
Épigénétique et longévité
Psychologies.com : Une analyse pourrait prédire votre déclin cognitif… 7 ans à l’avance – Explication accessible de DunedinPACE et horloges épigénétiques via étude Framingham. (français, janvier 2026)
PsyPost : Faster biological aging predicts lower cognitive test scores 7 years later – Article détaillé sur l’étude originale publiée dans Aging. (anglais, janvier 2026)
Nature Communications : Epigenetic aging and lifespan reflect reproductive history – Recherche janvier 2026 sur modulation épigénétique et trajectoires de vie. (anglais, janvier 2026)



